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Simplifier sa vie d’artiste peintre : mes trois astuces

Pourquoi simplifier sa vie d’artiste peintre ? Pour trouver le délicat équilibre entre fouillis créatif et désordre paralysant. Lorsque nous créons de l’art, il s’agit d’exprimer notre personnalité et ne pas étouffer sous le chaos. Si vous pensez être un-e artiste compliqué-e, cet article vous donnera trois astuces pour simplifier votre vie.

1. Organiser son travail d’artiste peintre

Les artistes ne sont pas réputés-es pour être bien organisé-es, et pourtant, ce n’est pas si difficile d’y arriver !

Notre ressource la plus précieuse, et non renouvelable, est le temps. Il est donc nécessaire de bien l’administrer et de distinguer le temps de pratique artistique, le temps de gestion administrative et le temps de recherche de visibilité. Protéger son temps de création doit être la règle numéro un pour un-e artiste peintre. Le minimum est d’avoir un agenda, et d’y réserver les tranches de temps pour l’atelier et d’y inscrire les tâches à exécuter, surtout si elles sont répétitives (mettre à jour le site web, renouveler certains abonnements, faire les déclarations fiscales, etc).

Il est tentant d’aller au magasin de matériel de beaux-arts à chaque fois que l’on a besoin de quelque chose, mais il est plus judicieux de regrouper nos achats et d’y aller moins souvent. Nous économiserons du temps et de l’argent !

Atelier d'artiste minimaliste

Dans le même ordre d’idée, il est intéressant de faire venir un-e photographe professionnel-le à l’atelier une seule fois par an pour réaliser de bonnes photos de toute notre production de l’année écoulée. Ce sera beaucoup plus facile et moins cher. Dès que l’on reçoit les photos, il faut les ranger dans des dossiers sur notre ordinateur. Chaque tableau a besoin d’avoir son dossier individuel, où l’on rassemble toute la documentation le concernant (photos, fiche technique, certificat d’authenticité, etc).

En plus d’avoir un dossier pour chaque oeuvre, il est indispensable d’avoir un système d’inventaire de notre production complète. Que ce soit sur un fichier Excel ou avec un outil en ligne comme Artwork Archive, nous devons centraliser les informations sur nos tableaux et savoir facilement où ils se trouvent à tout moment. Il n’y a rien de pire que de ne pas arriver à localiser un tableau qui pourrait participer à une exposition : est-il à l’atelier, chez un ami, en dépôt quelque part, ou dans une galerie ?

Je trouve également très utile d’actualiser son CV une fois par an. En général, je le fais en janvier. J’y ajoute les dernières expositions et/ou résidences réalisées, les projets exécutés et les éventuelles formations reçues. J’en profite pour vérifier que mon texte de présentation est toujours en accord avec ma réalité. Dans la foulée, je mets à jour mon site web, mon portfolio et tout dossier de présentation dont je pourrais avoir besoin. De cette façon, si je dois présenter l’un de ces documents au cours de l’année, il sera pratiquement à jour et je n’aurai besoin que de quelques minutes pour ajouter ce qui y manquerait.

Pour simplifier sa communication, je recommande de préparer un plan mensuel de publications et de s’y tenir. Il est plus simple de prendre une demi-journée pour réfléchir à ce que l’on souhaite communiquer pendant le mois à venir, que de devoir y penser chaque jour.

2. Simplifier sa pratique artistique

Notre atelier peut vite devenir un espace très encombré et compliqué si nous n’y prenons pas garde.

En premier lieu, prendre soin de notre espace revient à prendre soin de nous-mêmes et de notre créativité. Notre table et notre chaise de travail doivent être confortables. Notre système d’accrochage de tableaux au mur doit être à la bonne hauteur pour ne pas nous faire mal au dos.

Nous devons disposer d’un espace de stockage pour les oeuvres terminées. Nous gagnerons ainsi du temps le jour où nous devrons faire une sélection pour participer à une exposition. D’autre part, si une personne intéressée par notre art vient visiter notre atelier, nous devons être capables de lui montrer des choses intéressantes, et non pas un désordre infame, dans lequel nous ne savons même pas où sont les tableaux terminés !

Afin d’être plus efficaces pour peindre et jouir d’un atelier agréable, nous devons régulièrement réviser notre matériel et retirer ce que nous n’utilisons pas : peinture périmée, pinceaux abîmés, bouts de papier inutilisables, toiles ou cadres de mauvaise qualité, outils sans usage immédiat. Avant d’en arriver là, nous devons veiller à ne pas acheter ou stocker de matériel de façon impulsive ou « pour le cas où ». Il en est de même pour les livres. Ne gardons que les livres qui sont réellement utiles ou inspirants, car ils prennent de la place !

Atelier d'artiste peintre bien rangé

En ce qui concerne la création artistique elle-même, quelques mesures peuvent nous simplifier la vie :

  • Travailler en série.
  • Limiter la palette de couleurs.
  • Limiter les formats (un petit, un moyen, un grand).
  • Savoir s’arrêter et terminer un tableau.
  • Fuir le perfectionnisme, c’est-à-dire accepter l’imperfection.
  • Essayer le style minimaliste en peinture, jouer avec les vides et les espaces négatifs.

3. Savoir dire non

Ma troisième astuce consiste à savoir dire non aux choses qui nous compliquent la vie.

En ces temps modernes, les distractions et les interruptions sont infinies. Pour protéger notre temps de création artistique, nous devons absolument les réduire. Le téléphone portable doit être à notre service et non l’inverse. C’est pourquoi nous devons l’éloigner de nous lorsque nous peignons, supprimer les notifications et contrôler notre temps passé sur les réseaux sociaux. Il est important de nous désabonner de tout ce que nous n’utilisons pas : newsletters, outils et Apps, etc. Finalement, ce sont des « poids digitaux » que nous portons avec nous pour rien.

Nous devons également refuser de perdre du temps avec des activités qui ne nous apportent pas tant que cela : zapper sur la télévision, suivre des séries sur Netflix, prolonger des bavardages inutiles, etc.

Nous devons être capables de dire non (gentiment, mais fermement) aux interruptions provoquées par notre conjoint-e ou nos enfants pendant nos heures d’atelier.

Savoir dire non pour simplifier sa vie

De la même façon, nous devons apprendre à dire non aux stimulations externes ou invitations diverses qui ne seraient pas alignées avec notre projet artistique. Ici, nous devons bien distinguer entre réseautage utile et mondanités futiles.

Il faut savoir renoncer à des collaborations qui ne nous nourrissent pas ou plus. Par exemple, j’ai été membre fondatrice d’une association d’artistes, qui a pris un chemin qui ne me convient pas. Malgré l’affection que j’avais pour cette organisation et les espoirs que j’y avais mis, j’en suis sortie avant que cela ne me génère trop de conflits personnels et artistiques.

Enfin, nous devons nous méfier du syndrome de l’objet brillant. Il est facile d’être séduit-e par la dernière technique artistique à la mode et de papillonner d’une technique à l’autre sans jamais rien approfondir. En particulier, nous ne devrions pas accumuler les cours et les classes de peinture sans les mettre en pratique.

Conclusions pour une vie d’artiste peintre plus simple

Ces astuces sont valables pour la plupart des artistes peintres, mais c’est aussi à chacun-e d’utiliser son bon sens. Je recommande de s’observer, de garder ce qui fonctionne et de supprimer ce qui ne marche pas. Une bonne hygiène pour simplifier sa vie est de réviser de façon honnête ses habitudes et ses besoins au moins une fois par an.

En tout cas, si vous sentez que votre vie demande à être simplifiée, ne vous réfugiez pas derrière l’excuse “je suis artiste, je suis chaotique, c’est comme ça”. Car ce n’est pas du tout une fatalité !

Cet article fait partie de l’événement interblogueurs « 3 Astuces pour simplifier sa vie » organisé par Charlotte du blog Orgaminima.fr. J’apprécie particulièrement son article sur la simplification de l’espace de travail, dont la plupart des recommandations sont applicables aux ateliers d’artistes !

4 réflexions sur “Simplifier sa vie d’artiste peintre : mes trois astuces

  • De tes 3 astuces, la plus difficile à mettre en place pour moi, c’est savoir dire non. L’éducation que l’on peut recevoir ne nous encourage pas forcément à refuser ce qui nous est proposé. J’essaye aujourd’hui, le plus possible, de choisir pour moi, et non en fonction des autres. Merci pour ta contribution à l’événement. 🙂

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    • C’est sûr ! Lorsque je souhaite dire non, je pense surtout au « oui » qu’il y a derrière. À quoi dis-je oui, quand je refuse quelque chose ? Cela m’aide à dire non 😉 Merci de m’avoir invitée et inspirée, Charlotte.

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  • Tes conseils sont vraiment pratique. je crois qu’il ne faut pas se disperser. Je suis entourée d’artistes qui sont remplis d’idées de créations différentes. Ton article devrait leur plaire.

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